Osez pour innover : définition de l’intrapreneuriat

#Intrapreneuriat

15 avril 2019

Il y a à peine 2-3 ans, quand on prononçait le mot « intrapreneuriat », les sourcils se fronçaient et beaucoup le prenaient pour un synonyme d’entrepreneuriat. Aujourd’hui, un véritable intérêt a émergé, voire une forte curiosité. Quitte à le faire passer pour un simple effet de mode. Mais que se cache derrière ce terme, à même de représenter un levier puissant d’innovation pour votre organisation ? Nous allons, dans cet article, vous donner une définition de l’intrapreneuriat.

 

Définition de l’intrapreneuriat : de quoi parle-t-on ?

La notion semble nouvelle en France. Elle date pourtant des années 70 dans les pays anglo-saxons qui regorgent d’expressions telles que : corporate entrepreneurship, intrapreneurship, corporate venturing, organisation entrepreneurship

Autant de termes pour décrire l’association de la liberté d’initiative de l’entrepreneur avec le cadre structuré de l’organisation. 

 

Concrètement, différents types de définitions de l’intrapreneuriat peuvent être donnés. Par exemple, les chercheurs Pramodita Sharma et James J. Chrisman définissent en 1999 l’intrapreneuriat comme : « l’adoption d’attitudes et pratiques entrepreneuriales au sein d’organisations constituées ».

Vous pouvez aussi compléter cette définition de l’intrapreneuriat par : « processus par lequel un individu (ou un groupe d’individus), en association avec une organisation existante, crée une organisation ou génère le renouvellement ou l’innovation au sein de cette organisation ».

Car ce qui est intéressant dans l’intrapreneuriat, c’est précisément cette alliance entre le développement de compétences d’entrepreneur (première définition) et le résultat produit – c’est-à-dire l’innovation qui en découle (dans les produits, les process, etc.) (deuxième définition).

 

L’intrapreneuriat, un simple effet de mode ?

Lean start-up, design thinking, désormais design fiction … Pour conduire l’innovation, les entreprises ont à leur disposition de nombreux outils, qui alternent au fil des tendances. L’intrapreneuriat ne serait-il pas finalement une mode comme une autre, à côté de toutes ces autres méthodes d’innovation ? Absolument pas. Il est bien au contraire une pratique qui s’ancre dans la durée. En effet, être intrapreneur ne signifie pas appliquer une recette toute faite ou recourir à un outil spécifique. C’est fondamentalement endosser la posture de l’entrepreneur, mais en tenant compte du cadre qu’impose l’organisation. C’est-à-dire se mettre à l’écoute, s’ouvrir, se découvrir une nouvelle agilité, tester, tenter de nouvelles approches, s’interroger sur la meilleure voie à prendre à un moment donné. Certes, dans le processus d’innovation, l’intrapreneur est amené à utiliser différents outils d’innovation, mais jamais dogmatiquement, ni systématiquement. À chaque fois, il a surtout à faire appel à son bon sens et à son expérience, tout en échangeant avec les autres, en interne ou en externe, pour confronter ses points....

C’est en cela que le sujet nous passionne chez Miss Mandarine. Il est pour nous l’expression même de la posture d’innovation que nous avons définie dans notre Culture Pop® (voir notre article « Vous voulez innover ? Soyez Pop® ! »).

C’est pourquoi également les organisations ont tout à gagner à encourager l’intrapreneuriat. Avec des équipes plus agiles, ouvertes et curieuses, cette posture peut leur apporter un nouvel élan en termes d’avantages compétitifs, d’adaptation aux évolutions du marché,  d’attractivité pour les nouvelles générations…

À titre d’exemple, les skis ultra-innovants Snowblade™ de Salomon ont été créés dans les années 90 à la faveur d’une démarche d’intrapreneuriat. Alors que l’entreprise était en perte de vitesse, le succès de cette nouvelle offre lui a permis de rester compétitive et à la pointe de l’innovation.

Et pour les collaborateurs ? L’intrapreneuriat est aussi un moyen pour eux de vivre différemment leur travail, de trouver un nouveau souffle et d’explorer de nouvelles possibilités.

Alors non, l’intrapreneuriat n’est pas un simple effet de mode. C’est une posture bénéfique à la fois pour l’innovation, l’organisation et les équipes qui peuvent retrouver du sens et de l’engagement dans leur mission.

 

Maintenant que vous avez compris la définition de l’intrapreneuriat, vous vous demandez sûrement s'il est possible de manager un intrapreneur ?

Ou (pour le dire plus directement) : l’intrapreneur est-il un « emmerdeur » ? 

Au-delà de la provocation, la question vaut la peine d’être posée. Car, ne l’omettons pas, l’intrapreneuriat n’est pas sans contrainte pour l’organisation. Mais l’intrapreneur n’est pas pour autant incompatible avec le cadre en place. Bien au contraire !

Il peut en effet être amené à composer avec les process – mais avec intelligence et en faisant preuve d’agilité. Une telle démarche peut aussi parfois empiéter sur le temps alloué à la mission principale du collaborateur – mais souvent celui-ci prend sur son temps personnel pour mener à bien son projet.

Par ailleurs, comme toute initiative entrepreneuriale dont le succès n’est jamais garanti, l’intrapreneuriat génère de l’incertitude et une prise de risque.

Intégrer de l’intrapreneuriat au sein d’une organisation représente donc un nouveau défi pour les managers.

Ce qui explique peut-être pourquoi, à l’instar du Snowblade™ de Salomon, les projets intrapreneuriaux débutent bien souvent en cachette de la hiérarchie. Leurs premiers pas ne bénéficiant pas alors du soutien logistique, matériel, intellectuel, humain, pourtant précieux, de l’organisation.

Chez Miss Mandarine, nous sommes convaincus qu’il est possible de manager l’intrapreneuriat. Mais à la condition de mettre en place le juste accompagnement. Pour en déployer toutes les potentialités. Pour y allouer les bonnes ressources et le temps nécessaire. Pour le mener de manière harmonieuse et équilibrée au sein de l’organisation. Pour gérer la prise de risque inhérente à chaque projet.

Dans notre accompagnement, nous misons ainsi sur la co-construction et le collaboratif pour impliquer dès l’amont le manager et donner toutes les chances de réussite à l’intrapreneur.

 

Demain, tous intrapreneurs ?

Comme pour l’entrepreneuriat, il serait tentant de penser que seules certaines personnes ont le profil pour se lancer dans l’aventure. Or, l’expérience montre que nombre d’entrepreneurs se sont lancés sans pourtant avoir d’inclination naturelle. Par exemple, beaucoup ont pris cette voie après une période de chômage. Ce sont donc souvent les circonstances et les rencontres qui poussent à s’ouvrir, à décaler son regard, à avoir envie de tester de nouvelles approches.

Il en va de même pour l’intrapreneuriat. Il n’est pas nécessaire d’avoir des prédispositions naturelles. Il y a surtout besoin du bon accompagnement pour que cette expérience devienne véritablement positive pour tous – aussi bien le collaborateur que l’organisation.

 

Les perspectives ouvertes par l’intrapreneuriat vous intéressent ? N’hésitez pas à nous contacter. Nous sommes là pour vous accompagner.

Virginie Corvellec, dirigeante de MANDARINE CODI

vcorvellec@mandarinecodi.com

 

 

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