Les contraintes nuisent-elles vraiment à l’innovation ?

#Innovation

11 févr. 2019

Nous associons bien souvent l’innovation à la créativité en toute liberté. Car, pour faire jaillir une idée nouvelle qui révolutionnera les usages, ne faut-il pas partir à l’aventure sans règles, ni freins ? C’est vite oublier que l’innovation est un processus qui a ses propres cadres et qui peut se nourrir des contextes les plus contraints. Gare donc aux idées reçues !

 

Idée reçue n° 1– Les process internes inhibent les initiatives innovantes

Toute organisation a ses process, qui créent des réflexes ou des habitudes de travail. Certains s’empilent même – de manière parfois contradictoire –, les nouveaux venant s’ajouter mécaniquement aux anciens. Il n’est donc pas étonnant de rencontrer des collaborateurs de grandes entreprises qui se sentent étouffés dans ce cadre et se disent dans l’incapacité de lancer des nouveaux projets. Ce sentiment est bien réel. Mais est-il une fin en soi ?

Est-ce un problème de cadre ou de posture face à l’innovation ? Les process ne sont-ils pas souvent pris comme prétexte pour ne pas agir différemment ? Ne créent-ils pas un certain confort ?

Certes, il n’est pas facile de trouver la bonne latitude d’action. Cela nécessite bien souvent un dialogue ouvert avec son manager. Mais notre conviction, chez Miss Mandarine, est que, dans n’importe quel environnement, il est possible d’être acteur et de se lancer dans un processus d’innovation. Et ce, en prenant en compte l’ensemble des process et contraintes de l’environnement professionnel.

D’ailleurs, à l’inverse, travailler en toute autonomie dans une entreprise libérée, sans niveau hiérarchique ni rigidité dans les process, n’est absolument pas la garantie d’avoir la bonne posture pour se montrer le plus innovant.

Pour tout savoir sur la posture propre à l’innovation, retrouvez notre article : Vous voulez innover ? Soyez POP® !

 

Idée reçue n° 2 – Les contraintes externes étouffent l’innovation

Pas si sûr. Au contraire, l’innovation peut même se nourrir des contraintes externes les plus fortes – qu’elles soient réglementaires, économiques, conjoncturelles, de marché, etc.

Prenons le cas d’une entreprise comme La Poste, qui fait face à une remise en cause de son activité historique de distribution du courrier. Dans une telle situation, faite de contraintes économiques et structurelles radicales, une seule voie s’impose pour continuer à exister : innover en explorant de nouveaux territoires, en requestionnant ses métiers traditionnels, en renouvelant son inventivité et sa créativité.

De même, alors que les constructeurs automobiles se confrontent actuellement à un affaiblissement de la filière pétrole, entraînant une forte hausse des prix des carburants, de nouvelles voies s’ouvrent avec des innovations alternatives, notamment sur le véhicules hybrides ou électriques.

Les contraintes externes peuvent ainsi se révéler être des moteurs pour changer de perspective et de modèle.

Il serait par ailleurs faux de penser que ces logiques ne concernent que les grands groupes dont la taille ou la lourdeur de l’organisation freinent l’agilité. Même la start-up la plus novatrice se doit d’intégrer dans ses processus d’innovation des contraintes externes très fortes (manque de budget, d’équipes, etc.). Et pourtant, l’innovation est bien son carburant.

 

Idée reçue n° 3 : L’innovation est synonyme de récréation

La créativité requiert un certain lâcher prise, une ouverture plus grande sur l’imaginaire.

Cela est vrai, mais dans une certaine mesure seulement. Car l’innovation nécessite la mise en œuvre d’un processus spécifique, bien souvent plus cadré qu’un management de projet classique. Et ce, en raison même des incertitudes qu’elle ne manquera pas de créer, entraînant parfois des tâtonnements, voire des erreurs, qui peuvent ralentir le process. Mieux vaut donc être bien préparé et bien structuré pour faire face à l’inattendu.

 

En fait, l’innovation a un double visage tant elle s’articule autour de deux étapes à la fois contradictoires et extrêmement complémentaires.

Avec une première phase d’hyper créativité, où il s’agit de décaler son regard, ouvrir tous les champs des possibles, réinventer le monde, se montrer imaginatifs, même farfelus, accepter de perdre ses repères… À l’issue de ce foisonnement d’idées libres, sans tabou ni contrainte externe, un certain nombre d’axes prometteurs émergent.

C’est alors qu’entre en jeu le processus bien cadré pour sélectionner le projet final autour d’objectifs, d’un calendrier, de critères de faisabilité, etc., clairs, séquencés et objectifs. 

Ce mouvement de balancier est le cœur même de tout processus d’innovation.

Que retenir finalement de ces trois idées reçues ?

Rien ne sert d’opposer l’innovation aux contraintes. Leur articulation est bien plus complexe. Au lieu d’enfermer, elle peut s’avérer propice à un processus de créativité très porteur, mais à la condition d’être bien accompagné pour tirer le meilleur de cette association subtile.

N’hésitez pas à nous contacter !

 

Virginie Corvellec, dirigeante de Mandarine CODI

vcorvellec@mandarinecodi.com

 

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« Innovez ! » Apprenez à déjouer les pièges de cette injonction paradoxale

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